In Bed With Madonna /

Blond Ambition Tour

 

Le 13 Avril 1990, début de la tournée au Japon

"Pour quelque étrange raison, je n'ai pas réalisé que le début de la tournée se déroulait pendant la saison des pluies au Japon. Donc, durant trois semaines, on a fait le show dans le blizzard. Mais les danseurs étaient si excités de se produire devant le public, que le monde aurait pu s'écrouler, ils s'en seraient fichés. Moi, d'un autre côté, je n'étais pas dans l'ambiance pour un esquimau glacé. La seule chose qui m'a empêché de m'ouvrir les veines, c'était la pensée de revenir en Amérique et de faire le show de la façon dont il était conçu."

 

Chicago

"Tu sais que c'est mauvais signe quand ils veulent que tu commences une demi-heure plus tôt. Mais on est dans une ville conservatrice. Et c'est une raison de plus de ne pas vouloir vivre à Chicago. En plus du fait qu'Oprah Winfrey vit ici."

 

Los Angeles

"Los Angeles était dur. J'ai trouvé étrange que des célébrités pensent être votre ami parceque vous êtes une célébrité. Ca peut créer un malaise."

 

Toronto

"Je ne change pas mon show. Tout ce que tu as à faire, c'est leur dire que je ne change pas le show. Je suis une artiste, et c'est ainsi que je m'exprime."

"Mon Dieu, tout va avoir un sens nouveau dans le show. Comme quand je dis 'Dieu', je prie de ne pas être arrêtée. La dernière fois que j'étais en tournée, Sean était en prison. C'est mon tour."

 

Détroit

"Détroit était définitivement l'endroit le plus dur de la tournée d'un point de vue émotionnel. Mon Dieu, retourner chez soi, eh bien, ce n'est jamais trop facile pour moi. Les gens disent toujours que la célébrité vous change, mais ils ne parlent jamais du changement chez vos proches."

"Oh mon Dieu. Ce show était plus dur à faire que celui avec la police à Toronto. J'avais encore plus peur du résultat de mes actions."

 

New York

"Finalement, j'ai du admettre que je suis un être humain et accepter d'annuler quelques shows. Le docteur m'a dit que je ne devais pas parler et que je devais tout écrire sur un morceau de papier. Mélissa, mon assistante, est devenue mon seul lien avec le monde extérieur. D'une certaine façon, New York et le temps que j'y ai passé pendant que j'étais malade, a été le plus dur pour elle. Comme j'étais dans mon propre appartement à New York, j'ai perdu contact avec les danseurs. Je devais donner tous mes messages à Mélissa. Par Mélissa, j'apprenais qu'ils avaient trouvé des choses pour rester occupés. Je crois que j'étais un peu jalouse que leurs vies continuent sans moi."

 

L'Europe

"Quand on est finalement arrivé en Europe, c'était un tel sentiment de soulagement. Après les tensions et la noirceur, l'Europe semblait si prestigieuse, neuve et excitante. Faire du shopping peut vraiment remonter le moral d'une fille."

"Ces premières semaines en Europe étaient presque parfaites. C'était comme une tournée mondiale de la famille Partridge. Presque. Au milieu de la tournée européenne, ma bulle a crevé. J'ai commencé à entendre des rapports venant d'Italie, que le Vatican était en train d'essayer d'interdire le show."

 

L'Italie

"La controverse a continué pendant toute l'Italie et finalement, j'ai dû annuler deux shows."

 

Après le dernier jour de la tournée à Nice

"Je crois que je suis en état de choc. Je sais que la tournée est finie, mais c'est... La semaine dernière en Espagne, j'ai failli faire une dépression. Je ne supportais plus la foule, me produire. Il faisait trop chaud. Tout m'atteignait. Et je pensais : "Je crois que je me prépare pour la dépression de fin de tournée." Mais je n'étais pas vraiment émue hier soir. Je sais que tout le monde l'était, mais pour moi, c'était comme si c'était déjà fini. C'est comme quand on sait que quelqu'un va mourir, il faut trouver la paix avant qu'il ne meure. J'ai fait ça avec des amis proches. Je trouve la paix avant que ça arrive afin de ne pas être vraiment blessée. Et alors quand ça arrive, c'est comme si je ne ressentais rien. Mais je sais que plus tard, je ressentirai quelque chose. Seulement, je ne sais pas quand. Je crois que c'est un moyen de me protéger. J'espère être protégée quand ça arrive."

 

Les danseurs

"Quand on a quitté le Japon, je m'étais attachée aux danseurs et je commençais à me sentir comme une mère à leur égard. Quand on est arrivé en Amérique, j'ai rencontré les mères des enfants, que temporairement j'avais prétendu miens. Et les parents étaient généralement hauts en couleur, comme leurs enfants."

"Je crois qu'inconsciemment, j'ai choisi des gens émotionnellement infirmes, d'une certaine façon. Ou qui ont besoin d'être maternés. Parceque je crois que ça me vient naturellement. Ca remplit le besoin que j'ai en moi, d'être maternée."

"L'innocence des danseurs m'émeut. Ils ne sont pas du tout blasés. Ils n'ont encore rien vu. C'est l'expérience de leur vie. Et je sais qu'ils ont beaucoup souffert dans leur vie que ce soit dans leur famille, ou juste le fait d'être pauvre. Et je voulais leur donner le frisson de leur vie. Je voulais les impressionner. Je voulais les aimer."

"Quand le show a repris, tout était différent. Il y avait tellement de tensions. Je m'en blâmais. Je me sentais comme une mère qui avait abandonné ses enfants et qui revient à la maison en réalisant les problèmes qu'ils ont. C'était les jours comme ça que je me souvenais, combien les danseurs étaient jeunes en réalité. Ce qui était vraiment étrange, c'est que ce dernier show à New-York était un spectacle pour le sida, à la mémoire d'un ami à moi, un très bon ami à moi, qui était mort. J'étais là, prête à entrer en scène, supposée convaincre et inspirer des milliers de personnes à s'unir pour combattre les préjugés. Je ne pouvais même pas inspirer sept danseurs."

- Madonna était accompagnée sur scène de 8 danseurs, choisis dans les discothèques les plus branchées de New York.

 

Son assistante Mélissa

"Oh Mel. Voici ton poème d'anniversaire. Il y a longtemps, au début, quand j'ai commencé ma vie de péchés, j'avais besoin d'une complice, on pourrait dire, alors je suis partie à sa recherche, et j'ai commencé à prier. Je suis entrée dans le bureau de mon impressario, un matin. Je pensais tout haut, comme d'habitude. Mon regard fit le tour de la pièce, et mon pauvre coeur manqua un coup, car là dans le coin, se tenait l'image même de la douceur. Elle était collée au téléphone. Habillée de pastels. Les autocollants séchaient sur ses Lee. C'était l'enfer, tellement il y en avait. Je me suis tournée vers elle, lui ai fait un clin d'oeil, et je lui ai dit : 'Hé, hé Mlle Muffett, tu penses que tu pourrais travailler pour une salope? Tu pourrais l'encaisser?' J'ai dit 'Hé, Freddy, trouve une autre fille à pomper.' Tout le reste est trop long à expliquer. Comment puis-je te remercier ma douce Melly-Mel? Tu ramasses mes draps, et mes sous-vêtements qui sentent. Tu me protèges des emmerdeurs, tu prends tous leurs appels. Tu achètes mes tampax et mes préservatifs, et tout. Grande taille! On ne peut pas compter sur grand chose dans cette vie. J'en sais quelque chose. Mais j'ai eu de la chance. J'ai trouvé une pro. Elle vit toujours dans la Vallée, mais ses autocollants ont disparus. Elle sort toujours avec des sportifs et elle sirote du Dom Perignon. Mais sans toi, je ne suis rien. Je suffoque, Mlle Chose. Si un jour tu me quittes, je me suicide..."

 

Le Show

"Je ne crois pas avoir vraiment réalisé combien le show serait épuisant. Mon frère Christopher m'avait prévenu, que j'allais le regretter. Mais quand j'ai réalisé qu'il avait raison, c'était trop tard. C'était pas seulement le côté physique. Il y avait tant de problèmes techniques. Tant de petites choses qui pouvaient foirer, et pour sûr elles foiraient."

"Je suis italo-américaine et j'en suis fière, fière d'être américaine, parceque c'est le pays où j'ai grandi, le pays qui m'a donné l'opportunité d'être qui je suis aujourd'hui et un pays qui croit en la liberté d'expression et en la liberté artistique. Mon show n'est pas un show de rock conventionnel, mais une représentation théâtrale de la musique. Et,comme le théâtre, il pose des questions, provoque des pensées, et vous emmène dans un voyage émotionnel, dépeignant le bien et le mal, la lumière et l'ombre, la joie et le chagrin, la rédemption et le salut. Je ne recommande pas une façon de vivre, mais j'en décris une, et le public prend ses propres décisions et façonne son propre jugement. Voilà ce que je considère liberté d'expression, liberté artistique et liberté de penser. Chaque soir, avant d'entrer en scène, je dis une prière, non seulement pour que le show se passe bien, mais pour que le public regarde avec son coeur et son esprit ouvert, et voit le show comme une célébration de la mort, de la vie et de l'humanité."

 

Les prières

Toronto

"Seigneur, c'est notre dernière soirée à Toronto, l'état fasciste de Toronto. Tous mes bébés se sentent fragiles, et je veux tous que vous sachiez que je vous aime tous, et que j'apprécie tout ce que vous faîtes pour moi, et que je suis là si vous avez besoin de moi. Montez sur scène ce soir et donnez tout ce que vous avez. Faites un bon spectacle. Souvenez vous, aux Etats-Unis d'Amérique, on a la liberté d'expression. Ayons la super pêche."

Détroit

"Mon Dieu, on dirait que chaque fois que je suis là, avant le show, je demande quelque chose de spécial, mais me voilà à nouveau. Il est dit : 'Demandes et tu recevras', alors, je Te supplie de me donner une voix pour chanter ce soir et les filles aussi. C'est ma ville natale, alors je suis encore plus nerveuse. Même si ce qu'ils pensent n'est pas sensé avoir d'importance, en fait ça en a. Et donc, je Te demande de me donner ce petit quelque chose de plus, pour montrer à tout le monde ici que j'ai fait quelque chose de ma vie. Amen. Faites un bon spectacle."

New York

" C'est un show tel que je n'ai pas idée de ce qui va arriver à ma voix. Je ne sais pas d'où elle va venir, mais donnes moi une voix, et permets moi de faire un bon spectacle ce soir. Et à tout le monde aussi. Amen."

"Très bien. Je crois que tout le monde se sent beaucoup mieux aujourd'hui qu'il y a deux jours. Je ne suis pas inquiète pour le show. Ce qui m'inquiète, et ce pourquoi je veux faire une prière, c'est la façon dont les gens se sont comportés. Je me fiche de ce que vous avez fait de votre vie avant cette tournée. Je me fiche de ce que vous ferez après. Mais pendant que vous travaillez avec moi, pendant ce show, vous traiterez tout le monde dans ce groupe avec bonté, compassion et respect. Je ne veux plus en entendre parler. Il y a trop de peine dans le monde. Je veux vous voir traiter l'un l'autre avec bonté et respect. Beaucoup de choses merdiques se sont produites. Il faut commencer à s'occuper l'un de l'autre. Et il faut commencer par s'aimer soi-même un petit peu plus, et aimer la personne à côté de soi, un petit peu plus. Comme c'est notre dernier show à New-York et notre dernier show aux Etats-Unis, et qu'on le dédie à Keith Haring, qui n'a pas le luxe d'être vivant, comme nous, je Te supplie de nous élever, moi et ceux de cette pièce, au-dessus de nos problèmes, et qu'on aille ce soir sur scène donner la meilleure représentation de notre vie. Fais le pour Keith. Amen. C'est tout. Tout le monde, faites un bon spectacle."

 

Hors tournée

"Le pet est une substance chimique. Il vient d'un endroit appelé postérieur. Il passe par le pantalon et atterrit avec un son musical. Le pet n'est pas une disgrâce car il soulage le corps. Il réchauffe les couvertures, les froides nuits d'hiver et asphyxie les puces."

"Je suis dans ma loge quelquefois et je pense : 'Pour qui je me prends d'essayer de faire aboutir tout ça?' et quelquefois je suis très... Je ne peux me permettre d'y penser que de temps en temps, parceque sinon c'est fini. Et ça veut dire, je pense à vous tous, assis dans votre loge, disant 'Pour qui elle se prend cette salope?' Je sais que je ne suis pas la meilleure chanteuse et la meilleure danseuse, mais je ne suis pas interessée par ça. Je suis interessée par le fait de faire réagir les gens et d'être provocante et apolitique."

 

Les hommes

Warren Beatty

"J'ai rêvé la nuit dernière que Gorbatchev venait voir le show. Ma première réaction était que Warren allait être si jaloux que j'ai à le saluer en premier. En tout cas c'était un rêve agréable."

Antonio Banderas

"Antonio Banderas, c'était cet acteur espagnol pour qui j'avais eu le béguin pendant deux ans. Il est dans tous les films de Pedro Almodovar. J'aime les films de Pedro. J'ai vu tous les films qu'Antonio ait jamais fait. Je dois dire que c'est un des rares acteurs que je mourrais vraiment de rencontrer. On est allé à Madrid, et il se trouve que Pedro veut organiser ce dîner pour moi. Bien sûr Antonio allait y assister. Et donc me voilà. Je passe toute la semaine à me préparer mentalement pour le dîner et tout est organisé dans ma tête. Je vais faire tomber Antonio follement amoureux de moi. Seulement il y a cet obstacle auquel je n'avais pas pensé : sa femme! Inutile de dire, je n'ai jamais revu ou entendu parler d'Antonio depuis. Je ne pense pas qu'il soit un si bon acteur, après tout."

 

Sa famille

Marty (son frère)

"Je ressens une pression sur moi. A cause de ma soeur, les gens disent 'pourquoi n'es-tu pas ceci? Pourquoi n'es-tu pas le manager? Pourquoi n'es-tu pas ceci, cela?' Il y a quelque chose qu'ils retiennent contre vous. Et parfois, je prends une mauvaise attitude. Mais je fais avec. On est proche. On parle et tout ça. Elle me conseille, et je lui donne quelques tuyaux, et elle me donne quelques tuyaux. On a vraiment une relation d'échange. On va au-delà de ces conneries de star. Elle sait à quoi s'en tenir avec moi et je sais à quoi m'en tenir avec elle."

Rencontre manqué!

"On est sorti prendre la limousine, mais le chauffeur n'était pas là, parceque le propriétaire du service avait oublié ses clés dans sa voiture. Donc, j'ai dû attendre."

Sa mère

"Je ne suis pas allée au cimetière depuis que j'ai grandi. On y allait, juste après sa mort. La mort de ma mère a été un grand mystère pour moi quand j'étais enfant. Et personne ne m'a vraiment expliqué. Ce dont je me souviens le plus, c'est qu'elle était très bonne, et très douce, et très féminine. Je crois qu'elle était comme un ange pour moi, mais je suppose qu'à cinq ans, chacun pense que sa mère est un ange. Je sais aussi qu'elle était très religieuse, alors je n'ai jamais vraiment compris pourquoi elle nous a été enlevée. Ca paraissait tellement injuste. Je n'ai jamais pensé qu'elle avait fait quelque chose de mal, alors souvent, je me demandais ce que j'avais bien pu faire. Je me demande comment elle est, maintenant. Rien qu'un tas de poussière. Je rentrerai juste, là. On m'enterrera sur le côté."

"Je faisais ces rêves quand ma mère est morte. Pendant une période de cinq ans, c'est tout ce à quoi je rêvais, que des gens me sautaient dessus, et m'étranglaient, et je hurlais constamment pour mon père et aucun son ne sortait. J'étais en nage et effrayée, et je devais aller dormir avec mon père."

 

 

Son amie d'enfance Maureen Mc Farland dite Moira

"Une fois, il y a dix ans, alors que j'étais au Colorado et que je devais aller la voir à New York, parcequ'elle y était, je n'y suis jamais arrivée. Je dansais en tournée. C'était différent. J'étais topless. Je prenais beaucoup de drogue. Elle a une imagination très active."

"La dernière fois que je l'ai vu avant qu'elle devienne une star, c'était en première. Je me souviens prier la Madone. Pour sa mère, Madonna, c'était ce qui était le plus proche de Dieu. Quand sa mère est morte, j'étais une petite fille et je n'ai pu... Je me souviens m'être sentie vraiment triste et affreusement. Mais je n'ai pas le souvenir que quelqu'un soit allé, que je sois allée serrer Madonna très fort, et lui dire que j'étais désolée, parceque je ne comprenais pas. J'avais sept ans, elle en avait cinq. Alors, je voudrais juste revenir en arrière et la serrer dans mes bras."

 

Ils ont dit d'elle

"Madonna est plus heureuse maintenant que lors de la dernière tournée. Elle est contente de l'effet qu'elle a produit, mais je pense qu'il y a une partie de sa vie qui la rend malheureuse. Je ne pense pas qu'elle prend le temps d'apprécier son succès et en jouir. Elle ne pense qu'aux pas de danse qu'elle a pu manquer. Madonna se sent bien quand elle ne risque pas trop ses émotions personnelles, son amour, ou qu'elle ne risque pas trop d'exposer sa sensibilité. Madonna est très dure à atteindre. Elle dresse beaucoup de barrières. Je suis sûr qu'elle traverse beaucoup de problèmes car elle a peu de gens proches, en qui elle peut avoir confiance, car je suis sûr que tout le monde essaye d'obtenir quelque chose d'elle. Elle recherche l'affection. Je suppose qu'elle cherche des gens vrais et honnête envers elle. On cherche tous l'approbation de Madonna, jusqu'à un certain degrès. Madonna a du mal à se connecter, à se donner à une seule personne. Madonna est dans l'instant présent. Elle est très impatiente. Madonna est vraiment impatiente. C'est juste parcequ'elle veut que les choses avancent. Elle a beaucoup à faire. Elle a une vie très occupée. Elle fait définitivement une course contre le temps. Tout est sujet à son approbation ou à sa desapprobation. Tout se rapporte à ce qu'elle veut, ce qu'elle ne veut pas, à quoi ça devrait ressembler, où ça devrait aller, ce que ça devrait être. C'est très tendu. Souvent, elle n'est pas contente. Elle est vache quelquefois. Madonna peut être mauvaise si elle le veut. On le peut tous. Elle sait ce qu'elle fait. Elle sait comment travailler. C'est probablement la raison pour laquelle c'est une telle star. Elle est comme une petite fille perdue dans la tempête quelquefois. Il y a comme un tourbillon de choses virevoltant autour d'elle et quelquefois elle est prise dedans."

Alek keshishian : "Elle n'est pas cette superstar glacée que beaucoup pensent, c'est un être d'une grande chaleur humaine. Ce qu'elle a voulu, c'est donner aux gens la possibilité de la comprendre, d'aller au coeur de ce qu'elle dit. C'est une fille qui joue avec son look et qui aime changer d'image, mais le message essentiel qu'elle souhaite faire passer, c'est une dénonciation des préjugés de toutes sortes : entre les hommes et les femmes, les Noirs et les Blancs, les hétéros et les homos... Ce message la hante tant sur scène que dans la vie privée. Bien que ça ait l'air incroyable, elle n'était jamais derrière mon dos à me dire : 'fais pas ci, fais pas ça!'. Dès le départ, les règles étaient claires. J'avais carte blanche..."

- "Il y a une chose qui a été retirée pour des raisons légales : un coup de téléphone de Warren Beatty au cours duquel il lui dévoile son amour. Comme vous le savez, il n'était pas très chaud pour ce film et mes avocats m'ont conseillé de retirer cette scène... par prudence."

- "Le film dévoile les nombreuses facettes de la star. J'espère que ce film démontre que Madonna n'est pas une seule chose. Je veux dire qu'il y a des moments où elle est comme une enfant, innocente et vulnérable, et à d'autres occasions elle devient forte, dominatrice, c'est la patronne! Malheureusement, la presse n'a retenu que quelques scènes et a ignoré certains aspects de ce film, tels que le passage où elle pleure son ami Keith Haring, artiste décédé du Sida. Mais il n'est pas nécessaire d'être un fan inconditionnel de Madonna pour aimer ce film et comprendre qui elle est vraiment. Ce film est à propos d'un être humain qui se transforme en superstar durant quatre mois de tournée. Il faut le percevoir comme une histoire dont le personnage central est une femme, interprétée par Madonna."

- "Il lui est arrivé de me saisir le bras et de me griffer jusqu'au sang, parceque c'est très difficile de se regarder en personne sur un écran. Je pense que pour Madonna, la projection de ce film a constitué une sorte d'exorcisme durant lequel elle a été forcée de se regarder en face et d'admettre qu'elle a des qualités et des défauts. A la fin, elle a quitté la projection fière de son courage, parcequ'il s'agissait presque, pour elle, d'une psychanalyse. Son voeu le plus cher était de toucher d'autres gens, des gens différents qui puissent poser un regard neuf sur son visage."

- "Mon plus grand fantasme a toujours été 'oh mon Dieu, si je pouvais être l'ami de Madonna!' et me voilà l'heureux habitant de cet aquarium de luxe dont elle est la perle."

 

Les personnes qui ont contribué au show

- Christopher Ciccone : Son frère. Il a beaucoup contribué au spectacle. "Ma soeur est sa propre création."

- Jean-Paul Gaultier : Le styliste français lui a crée ses costumes sur mesure : seins en pointes, guépiêres, soutien-gorge avec des baleines, des sangles, des rubans, des shorts...

- Vincent Patterson : Un grand chorégraphe qui a formé le corps de ballet du spectacle.

 

Le film

- En anglais, il s'intitule Truth or dare : On the road, Behind the scenes and In bed with Madonna, en français, tout simplement In bed with Madonna. Il comporte des extraits de concerts et des instants en coulisses. Madonna a autorisé le réalisateur Alek Keshishian a la suivre avec ses caméras à n'importe quel moment de la journée. On la découvre sans maquillage le matin au réveil et quelquefois assez dévêtue. On voit aussi des scènes de sa vie privée (on la sent assez solitaire), ainsi que des scènes de sa vie de star. La Madonna du documentaire est différente du sex-symbol qu'elle montre en public d'habitude. Elle apparaît plus vulnérable et plus chaleureuse.

- Il a coûté 4 millions de dollars. Il est le résultat de 16 mois de tournée mondiale, 270 heures de pellicules pour seulement deux heures de film. Le réalisateur a été contacté trois fois avant le début de la tournée mondiale à Tokyo. Il fut informé qu'il aurait le droit d'aller partout avec ses caméras mais a donné des instructions à son équipe pour qu'ils soient le plus discret possible, allant même jusqu'à les obliger à s'habiller en noir pour se faire moins remarquer : "Nous ne sommes pas des êtres humains, nous ne sommes que des reporters." Le film a rapporté 15 millions de dollars, c'est le documentaire le plus rentable au monde. Madonna voulait que ce soit David Fincher qui tourne le documentaire mais cela n'a pas pu se faire.

- On assiste à plusieurs scènes de sa vie privée : elle prend son petit déjeuner au Ritz, le thé avec Sandra Bernhard ou encore se dispute avec Warren Beatty qui ne supportait pas la présence des caméras dans la cuisine. Il y a même quelques scènes scandaleuses comme quand des danseurs (mâles) de sa troupe s'embrassent passionnément : "J'aime l'idée que les gens vont voir ça et ensuite rentrer chez eux et en parler pendant des heures."

"Même quand on joue, il y a toujours une part de vérité. Quant à savoir qui est la vraie Madonna, ça vous ne le saurez de toute façon jamais."

- Le film est sortie en France le 15 Mai 1991, pendant le festival de Cannes et le 10 Mai aux Etats-Unis. La bande annonce du film disait : 'Comme vous ne l'avez jamais vu avant. Vous la verrez en Mai. L'ultime défi est de dire la vérité. Découvrez la vérité, Madonna vous défie.'

- La scène préférée de Madonna dans le film est celle du baiser entre les deux danseurs Gabriel et Slam. 'J'aime l'idée que les gens vont rentrer chez eux et en parler. Je vis pour des choses comme ça.'

- Il existe d'autres copies plus complètes du film où l'on assiste à une conversation téléphonique entre Madonna et Warren Beatty et aussi une scène où elle évoque Sean Penn en de mauvais termes.

- Miramax, le distributeur du film avait convié 150 personnes anti-madonna à une projection privée du film pour évaluer leur réaction et il en est ressorti que 65% des personnes avaient aimé.

- Bien que le film est été tourné en divers endroits pendant sa tournée, la majeure partie du concert diffusée en couleurs a été tourné en France à Bercy, même la partie où elle dit 'Alright America' au début de la chanson Express yourself.